La violence, c’est n’est pas que des coups de poings dans la gueule, c’est plein de choses. La violence aime changer d’apparence, comme on aime changer de vêtements. Imprévisible et adorant les surprises, elle sait autant crier qu’agir en silence. À nous d’être vigilants car la violence est très gourmande, elle se délecte des gentils, des généreux et des naïfs.

 

Voilà une échelle de valeurs, à prendre ou à laisser, et sûrement à compléter, pour vous aider à l’identifier.

Niveau 1 – l’irrespect
Arriver en retard, couper la parole, promettre des choses en l’air, ne pas écouter, ne jamais dire « s’il te plait »…  sont autant de petits actes agaçants et usants qu’aime la violence pour vous affaiblir, tranquillement, presque innocemment, au quotidien. Elle ne va pas encore vous manger tout cru, mais elle vous renifle et vous observe pour voir si vous pouvez être sa proie.

Niveau 2 – l’humiliation
Vous vivez des situations où on se moque de vous, on raconte une histoire qui vous dévalorise devant tout le monde, on vous répète que vous ne valez rien, voire on vous insulte. Vous vous sentez faible et inutile ? C’est normal, c’est ce qu’elle attend. Plus vous êtes faible, plus vous êtes tendre sous ses dents.

Niveau 3 – les cris
Face aux cris, vous êtes surpris, pourquoi perdre son calme pour si peu ? Au début, vous essayez de calmer la personne car sa colère semble infondée, exagérée… au fond vous le savez. Mais parfois rien n’y fait et, à la longue, cette colère va vous user, comme une pierre ponce roulée sur des galets par les marées. Votre patience, vos nerfs sont affaiblis, vous aussi vous devenez de plus en plus énervé pour rien, contre les gens, votre voisin, votre conjoint. En couple, si vous acceptez ses cris, sa haine contre la terre entière, sachez que vous êtes la prochaine victime sur la liste de sa violence. Car elle est gourmande, souvenez-vous qu’elle veut vous manger. À quelle sauce ? Sauce culpabilité. Vous devenez presque coupable de tout. Coupable d’avoir oublié le pain par exemple ou de mettre trop de temps à vous habiller, tout est prétexte à vous mettre la pression et les cris deviennent justifiés, même à vos propres yeux. Vous êtes dominé, piétiné et vous sentez que vous n’avez presque plus le droit d’exister.

Niveau 4 – les coups dans les murs (ou dans les portes ou toute autre chose)
À ce niveau, la personne violente est très malade, la violence l’habite et a mangé ce qui lui restait d’humanité, le transformant en gorille taré. Difficile d’agir ou de dire quelque chose dans ses états-là. Et si c’était votre tête qui avait pris ce coup, à la place du mur ? On regarde le trou et là, ça devient carrément flippant. On pense à Marie Trintignant.

Niveau 5 – les menaces
La violence veut votre mort. En tout cas la mort de tout ce qui est vivant en vous : l’espoir, les rêves, la beauté, le rire. Comment fait-elle ça ? Avec la peur, et si cette peur est constante c’est encore mieux ! Les mots tels que « je vais faire de ta vie un enfer », ou « je vais brûler ta maison », « tuer ton chien » font partie de ses préférés.

Les clés pour enrayer la violence, peu importe le niveau où elle se trouve.

N’utilisez pas la violence pour vous exprimer face à elle, cela décuple sa force. Son pire ennemi est le calme. Mais soyez ferme, voire très ferme. Montrez que vous refusez catégoriquement la situation : non, c’est non, et c’est pas autrement.

• Choisissez le bon moment pour discuter du problème. Ce n’est jamais le moment ? Il y a toujours des choses à faire ou d’autres priorités ? Hé bien, prenez rendez-vous ! Retrouvez vous tranquillement installés autour d’un café, seuls à seuls, chez vous ou dans un endroit neutre. Posez vos limites, en essayant de rester bienveillant. La personne violente est malade. Ses cris, c’est de la parole en détresse qui sort en brouillon. Il faut la cadrer. Lui laisser le temps de l’exprimer, de se faire comprendre.

N’assommez pas la personne violente de jugements de valeurs. Par exemple, dans un couple, si l’homme est violent, lui dire un truc du genre « t’es un pauvre mec », ne sert à rien (en plus il le sait déjà). Il faut discuter, parler, percer l’abcès. Parlez en votre nom, de ce que vous ressentez. Par exemple dites « je suis épuisée, je ne peux pas être seule à faire tout le temps le ménage et m’occuper des enfants en plus de mon travail, cette situation est invivable » au lieu de déterrer la hache de guerre avec une phrase plein de reproches comme « tu ne m’aide jamais, tu me regarde travailler à la maison et ça te pose aucun problème ! Tu es un abruti inutile !  »

Ne tombez pas dans le piège de vous comparer. Idem, c’est déterrer la hache de guerre. Vous ne ferez que vous renvoyer l’ascenseur, c’est sans fin et il n’y a pas de gagnant à ce jeu : « Je fais tout ça pour toi ! Et toi, tu fais quoi pour moi ? »

• Montrez que vous voulez que tout s’arrange. Si vous n’en pouvez plus, si vous sentez que la coupe est pleine, prenez l’air quelques temps, cela le/la fera réfléchir à sa façon d’agir. Il y a des personnes qui changent, qui réalisent qu’elles ont mal agit et qui veulent se racheter, recommencer sur des bases seines et font des promesses qu’elles veulent réellement réaliser. Et puis, il y a les autres, ceux qui ne veulent même pas changer. Dans ce cas là, une seule chose à penser : Courage, fuyez !

 

• Facile à dire, mais ne vous démontez pas, ne pleurez pas, soyez fort. Ne montrez pas que vous êtes une victime, cela peut encourager la violence. Montrez-vous inattaquable, que rien ne vous touche, que toutes ses tentatives pour vous faire du mal vous passent au dessus de la tête.

N’ayez pas peur. La peur est un outil de la violence. Elle sait s’en servir, entre autres, pour vous prouver que vous ne pouvez rien faire par vous-même. Bien sûr, votre peur est légitime car l’inconnu apparaît toujours comme un trou noir, horrible et sans fond. Mais c’est sans compter sur votre force de vie, votre envie d’une vie meilleure. Comme on dit « aide toi, le ciel t’aidera », faites le premier pas de partir, même si vous vous sentez perdu/e au début. Faites-vous confiance, écoutez votre instinct. Dans le besoin on trouve toujours quelqu’un de bien sur qui compter, dans le pire des cas, des organismes sont là. Et dites-vous « et si c’était lui / elle qui me quittait ? Je n’aurais pas le choix et je partirais ». Et il faut le faire. Il en va de la survie de votre bonheur, voire de votre santé mentale. Pour vous motiver, voici une chanson à chanter jour et nuit, sa traduction est ici.

Une vie sereine, on y a tous droit ! La vie vous tend ses bras, et ils sont doux et chauds. Personne n’est sur terre pour vivre le calvaire de la violence. Ne perdez pas votre gentillesse, c’est une force, pas une faiblesse. Mais ne vous faites pas avoir, pas 2 fois en tout cas.

 

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